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APPEL A L’ACTION DE NIAMEY SUR LA PROMOTION DE L’AUTONOMISATION DES FEMMES ET DES FILLES, du 1er au 2 Juillet 2019, Hôtel Bravia Niamey, Niger

Les Participants,

Félicitant l'initiative prise par la Commission de l'Union Africaine et le Gouvernement de la République du Niger pour avoir organisé cet évènement parallèle en marge du 33ème Sommet Ordinaire des Chefs d’État et de Gouvernement de l’UA, événement clé en faveur de la Promotion de l’Autonomisation des filles et des femmes en marge du Sommet de l'UA à Niamey-Niger du 01er au 02 juillet 2019 ;

Encourageant les États Membres qui promeuvent activement l'égalité des genres et l’autonomisation de la Femme par le biais des différents cadres juridiques et politiques, tels que le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs aux Droits de la Femme en Afrique (Protocole de Maputo), l'Agenda 2063, le Protocole sur la Charte Africaine des Droits et du Bien-Être de l'Enfant, la Charte Africaine de la Jeunesse, la Déclaration Solennelle sur l’Égalité des Genres en Afrique, la Stratégie Continentale pour l’Éducation en Afrique (CESA16-25) et la Stratégie de l’UA sur l’Égalité des Genres et l’autonomisation des Femmes et les Objectifs de Développement Durable (ODD 4 & 5), entre autres politiques et instruments juridiques de l’Union africaine et des Nations unies ;

Considérant que la protection des droits et du bien-être des filles et des femmes est l’une des priorités de l'Agenda politique de l’UA et que le développement durable ne peut être atteint sans la participation et l’accès des femmes et des filles aux postes de prise de décision ;

Nous fondant sur le principe que le premier plan décennal 2013 -2023 de mise en œuvre de l’agenda 2063 indique que des citoyens africains bien éduqués sont une condition préalable pour une Afrique prospère et stable. Le droit des filles à l’éducation est un droit humain universel, lequel fait l’objet d’une reconnaissance des aspirations 3 et 6 de l’Agenda 2063 ;

Confirmant notre attachement à la diversité culturelle et réaffirmant que celle-ci ne peut faire obstacle au respect intégral des droits, valeurs, normes et principes consacrés par les instruments juridiques relatifs aux droits des femmes et des filles ;

Considérant que l’autonomisation des femmes et des filles n’est pas encore effective dans nos pays, car les données nous indiquent encore que de nombreuses filles et femmes font l’objet de discrimination sur les plans social, économique et politique ;

Conscients du fait que les guerres, les conflits et les situations humanitaires continuent d’entraver le développement de l’Afrique ainsi que le manque d’accès aux services fondamentaux de protection sociale tels que l’éducation et les soins de santé de qualité et que ce sont les femmes et les filles qui portent le fardeau de la violence ;

Notant que de nombreuses filles et femmes sont toujours exposées à une discrimination sur les plans académique, professionnel et économique ;                                          

Notant avec une profonde préoccupation que les violences sexuelles basées sur le genre (VSBG) continuent d’être perpétrées impunément sur le continent et que la protection des filles et des femmes contre les violations des droits de l'Homme tels que stipulée dans la Déclaration Solennelle sur l'Égalité des Genres en Afrique et de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, relative aux Droits de la Femme en Afrique n'est pas encore effective ;

Soutenant l'importance de la participation des femmes au commerce et aux processus de décision pour leur autonomisation économique ;

Mettant fortement l’accent sur la nécessité d’un plaidoyer soutenu pour l’accès et la rétention des filles à l’école qui est une stratégie essentielle pour l'autonomisation des femmes et la protection de leur bien-être,

DEMANDE à la Commission de l’UA de :

  1. Continuer à travailler étroitement avec les États Membres et les autres parties prenantes pour que l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes ainsi que la promotion et la protection des droits des femmes et des enfants demeurent une priorité des priorités politiques ;
  2. Travailler avec les États Membres et d’autres parties prenantes pour identifier et éliminer les obstacles sociaux et culturels empêchant des solutions durables à l’éducation des filles et des femmes en vue de leur promotion et de leur autonomisation dans les zones urbaines et en particulier en zones rurales ;
  3. Harmoniser les stratégies de l'Agenda 2063 de l'UA aux efforts régionaux déployés par les Communautés Économiques Régionales (CERs) pour l’autonomisation des femmes et des filles ;
  4. S’assurer que toutes les politiques des CERs et des mécanismes régionaux (MR) en matière d'égalité des genres disposent d’un plan d'action qui comprend des mesures spécifiques sur l'accès à l'éducation et à l'harmonisation des systèmes d'éducation en faveur des femmes et des filles, y compris les personnes déplacées, les réfugiés et les rapatriées ;
  5. Institutionnaliser le dialogue social en Afrique en vue d'en faire un mécanisme efficace pour le partage d'expériences entre les États Membres en vue du renforcement des droits et du bien-être de tous les enfants, en particulier des filles;
  6. Collaborer avec les partenaires internationaux pour aider les États Membres à renforcer les capacités des services d’application des lois et services judiciaires en les sensibilisant sur le traitement des cas de violation des droits des femmes et des enfants et à renforcer la recherche et la collecte des données ;
  7. Engager davantage les États membres et les CERs à adopter des Plans d’Actions pour la mise en œuvre de l’Agenda Femme, Paix et Sécurité en Afrique et à rendre compte régulièrement des résultats obtenus à travers le cadre continental des résultats de la Commission de l’Union Africain ;
  8. Intégrer les besoins des femmes dans la mise en œuvre de l’accord de la ZLECA et garantir leur, participation égale, pleine et effective.

2. EXHORTE les États membres de l’Union Africaine à

  1. Ratifier, Domestiquer et mettre en œuvre le Protocole de Maputo, la Charte Africaine sur les Droits et le Bien-Être de l’Enfant afin de garantir la promotion et la protection des droits des Femmes ;
  2. Accroître la collaboration et créer une coalition entre les États membres, les CER, les agences des Nations Unies, les OSC, les Médias, le secteur privé, les parlementaires, et les femmes leaders, et les chefs religieux et traditionnels en reconnaissant leur rôle en tant qu'autorités traditionnelles dans la lutte contre le mariage des enfants et la mutilation génitale féminine/excision comme une stratégie pour le maintien des filles à l’école ;
  3. Assurer le respect des droits des femmes et des filles notamment le droit à l’éducation, à l’égalité, à l’accès aux soins de santé de la reproduction et aux opportunités économiques en prenant des mesures novatrices et efficaces pour l’allègement des tâches domestiques et l’accès des femmes aux opportunités de développement, à un emploi décent et à la promotion de l’entreprenariat féminin ;
  4. Combattre fermement la pratique des mariages d’enfants, les mutilations génitales féminines et assurer la prise en charge et l’habilitation économique des filles déscolarisées et non scolarisées en accroissant les ressources nationales y compris les budgets nationaux pour des investissements macro en faveur des projets pour les femmes et les filles ;
  5. Assurer le suivi et l’évaluation périodique de la Stratégie Genre de l’UA et d’autres initiatives clés telles que la Campagne pour mettre fin au mariage des enfants et l’initiative Saleema sur l’élimination des MGF y compris la mise en œuvre effective des recommandations de la présente Déclaration ;
  6. Renforcer une approche multisectorielle et holistique en faveur de la protection sociale des filles et des femmes à mettre davantage l’accent sur une meilleure collaboration avec les communautés de base pour mieux comprendre les conséquences des pratiques discriminatoires, notamment certaines pratiques préjudiciables à l’égalité des chances dans l’éducation, et soutenir les initiatives promouvant l’éducation des filles et des femmes ;
  7. Développer et / ou renforcer des mécanismes clairs de suivi des rapports et des méthodes de collecte de données sur l’élimination du mariage des enfants et sur les programmes portants sur toutes les pratiques traditionnelles néfastes contre les filles et les femmes ;
  8. Renforcer la prévention de la violence contre les femmes et les filles, leur protection et leur participation aux processus de décisions en matière de paix, sécurité et gouvernance dans le cadre l’Agenda Femme, Paix et Sécurité ;
  9. Punir les auteurs de violences sexuelles et basées sur le genre et apporter assistance aux victimes ;
  10. Travailler en étroite collaboration avec les organisations de la société civile (OSC) y compris, les organisations à la base ainsi que les familles, la jeunesse, les écoles, les Chefs religieux et traditionnels afin d’intégrer le développement du leadership et la gouvernance dans les processus de prévention des conflits et de maintien de la paix comme une stratégie pour la promotion de la paix et la sécurité durables en Afrique.

Fait à Niamey, le 02 juillet 2019

 

 



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